Les coutumes du Liban – Le costume traditionnel ancien

 
HISTOIRE DU COSTUME TRADITIONNEL
 
Au XVIème siècle, les femmes des villes portaient un caleçon de coton qui descendait jusqu’aux talons, une chemise sans col, en mousseline ou confectionnée dans une autre toile fine. Par-dessus, elles portaient le Joubbah (sorte de robe-manteau qui s’arrêtait à mi-jambe, fendue de coté, croisée devant et souvent rehaussée de broderies d’or et d"‘argent). Il était en soie, en lin ou en matière moins fine.
 
Pour se déplacer à l’intérieur, elles étaient souvent pieds nus ou chaussaient le « Kobkab », célèbre sabot de bois, rehaussé sur des semelles pouvant atteindre 20 cm de hauteur. En fonction de l’aisance du propriétaire, le Kobkab était orné d’incrustations de nacres ou même garni de plaques en argent repoussé. Cette chaussure haute permettait de protéger les pieds de l ‘eau, et de ne pas laisser traîner les robes sur les dalles mouillées.
 
L’usage des bas demeure inconnu. Les chaussures habituelles sont les « baboush », sorte de pantoufle flexible et élégante, qu’on enlève avant d’entrer dans une maison ou un lieu saint, mosquée ou même église, par respect de l’intimité et de l’espace sacré.
 
Dans la  rue, les femmes circulent couvertes d’un voile, un grand drap de lin blanc ou de coton enveloppant le corps y compris les bras et les mains : c’est le izar.
 
Au XVIIème siècle, on rapporte que les femmes des émis Tourbaye du Carmel portaient des caleçons-shirwal et des chemises de mousseline, brodées de soie sur les coutures et dont les manches longues pendaient jusqu’à terre. Par-dessus, elles enfilaient une petite camisole de drap d’or, de satin ou de soie. En hiver, elles avaient des caftans longs, dont elles retroussaient les pointes jusqu’à la ceinture pour marcher plus aisément.
 
 Au XVIIIème siècle, le costume ne change guère et les femmes suivent de plus en plus la mode ottomane.
 
 Dès la fin du XVIIIème ssiècle, une nouvelle coiffure appelée "tantour" sert d’attraction majeure aux voyageurs de l’époque. C’est sans doute une déformation populaire de tartour, terme appliqué à une coiffure haute et conique du XVIème siècle, mais qui signifie aussi en arabe, un homme grand de taille et mince. La coiffure conique et haute est connue au Liban depuis le 2eme millénaire avant J.C.
 
Elle a été maintenue à l’époque gréco-romaine et nombreuses sont les divinités féminines représentées coiffées d’un voile qui couvre une coiffure en tronc de cône. Le tantour dit aussi quebbet, est selon le voyageur Delarayère, une espèce de corne en or ou en argent, quelquefois garnie de pierreries. Plus les femmes sont riches et élevées en dignité, plus la corne est longue. Seules les femmes mariées y ont droit.
 
C’est l’une des pièces essentielles de la dote que doit apporter le futur époux à sa fiancée. On raconte que les femmes ne quittaient jamais leur tantour et que de nuit, pour dormir, elles devaient appuyer le cou sur une traverse de bois et décaler le matelas du mur : l’espace du tantour.
 
Pour rire, on raconte qu’une princesse, en se penchant pour baiser l’anneau d’un évêque, lui blessa le front avec la pointe de son chapeau. Le tantour d’une princesse pouvait atteindre une hauteur de 70 cm, être en or et enrichi de multiples pierres fines, de perles et même de diamants de diverses grandeurs. Les femmes appartenant à un rang social moins élevé optaient pour l’argent ciselé.
 
Quant à celles dont la fortune était plutôt modeste, elles étaient coiffées d’un tantour en corne de buffle, travaillée et dorée, ou même en fer blanc. L’usage de cette coiffure se perdit avec la chute de la féodalité au Liban en 1842.
 
Petit lexique
 
Banayeq : pointes ou triangles qui encadrent les fentes de côté, du bas d’un vêtement et qui sont richement brodés.
 
Beurundjuk : soie cuite, d’une couleur blanc cassé, dont sont faites les chemises de corps.
 
Fûta : voile de tête en mousseline blanche, utilisé surtout par les femmes druzes
 
Ghumbaz ou entari : veste longue fermée de haut en bas ou aussi portée ouverte, retenue à la taille par le zunnar et dont l’échancrure encadre les seins voilés du qamis. Fendue par-devant et sur les côtés, ses deux pans de devant sont relevés et attachés au zunnar, tandis que le pan de derrière traîne ou est aussi retenu au zunnar. En soie, en satin ou en drap et souvent richement brodée.
 
Habbara (vers 1900) enveloppe de soie noire, d’abord d’une seule pièce, puis coupée en deux par une ceinture, suivant l’évolution antérieure du mlayé.
 
Hatta : foulard de soie lamé, ornée de fils d’or ou d’argent.
 
Izar ou fergé : grande pièce d’étoffe blanche dont se couvrent les femmes pour sortir. C’est un seul pan de tissu qui va de la tête aux pieds.
 
Kirdân : collier carcan composé d’une file de bulles d’or oblongues fixées sur un ruban de soie.
 
Koubran : petite veste (qui gagne en longueur avec le temps) d’origine balkanique, couverte de broderies sur les coutures, le dos, les épaules et la poitrine. Introduit à la montagne après la campagne égyptienne de 1832, il s’est répandu après la chute de la féodalité, sous le régime de la transition qui durera jusqu’en 1861 et se transformera en vêtement national.
 
Mariûl ou enluk : est le « tablier de taffetas » des femmes. Il représente vraisemblablement une importation balkanique et fait partie de l’habillement des femmes des îles, de Bulgares. On le trouve aussi chez les turkmènes.
 
Melles ou atlas : grosse satinette noire, à toucher doux et soyeux, d’où le nom de melles, utilisé surtout pour les robes brodées dites palestiniennes ou celles du nord de la Syrie.
 
Mintan : veste courte qui colle au corps et se porte fermée. Ses manches sont longues et couvrent les mains. Le mot mintan provient, probablement de maintenir. Souvent en soie.
Mlayé (vers 1880) composé de deux pièces d’étoffe blanche, de dimensions égales,  dont se couvrent les femmes pour sortir. L’une couvre la tête et les épaules, arrive jusqu’aux hanches et est retenue par les mains de l’intérieur. L’autre, retenue aux hanches, couvre le reste du corps.
 
Monile : collier formé d’un double ou triple clavier, composé en partie de fils d’or, en partie de pierres précieuses et de perles rehaussées d’étoiles et de petites lunes pendantes.
 
Puskul : houppe de soie, de couleur bleue ou noire, accrochée au haut du tarbouch rouge et qui pend à l’arrière de la tête.
 
Qamis : vêtement de corps, porté par les hommes et les femmes. De coupe simple, à col arrondi, en lin, en coton ou en soie.
 
Qéfel : boucle qui ferme le ghumbaz.
 
Qubba : encadrement richement brodé qui agrémente et souligne la fente de la poitrine.
 
Salta : veste courte qui se porte ouverte, retenue par le Zunnar. A petit col et  relevé, la salta est bordée de ganse ou même de fourrure. Souvent en drap de couleur foncée, et rehaussé de broderies.
 
Sawaïd : broderies qui rehaussent le dessus des manches.
 
Sayé : jupe ouverte devant, qui représente la partie inférieure du ghumbaz.
 
Shekkel : double chaîne pendant sur la poitrine alourdie de sequins et de pendeloques d’or.
 
Torques : collier rond et uni, placé au cou comme une guirlande
 
Zunnar : ceinture en bandes de tissu, enroulée à la taille ou un peu plus bas. Souvent confectionnée en soie, en brocart, brochée ou brodée. En hiver, on la retrouvera façonnée en cachemire ou encore en laine.
 
About these ads
Cette entrée a été publiée dans Non classé. Bookmarquez ce permalien.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s